Exonération taxe foncière : comment en faire la demande ?

1 février 2026

Femme d'âge moyen remplissant un dossier d'impots à la maison

Certains chiffres n’ont rien d’abstrait : chaque année, des milliers de seniors passent entre les mailles du filet et échappent à la taxe foncière sur leur résidence principale, parfois sans même s’en rendre compte. Mais le moindre faux pas administratif, une déclaration négligée ou un revenu qui fluctue, et cette petite victoire fiscale s’envole. Les règles, elles, bougent au gré des réformes et les démarches prennent vite des allures de parcours d’obstacles.

Des dispositifs bien cadrés sont prévus pour les personnes dont les ressources restent sous un certain plafond. L’administration fiscale met aussi à disposition des modèles de courrier pour simplifier la démarche. Comprendre ces dispositifs, c’est éviter les mauvaises surprises et garder la main sur ses droits.

Comprendre l’exonération de taxe foncière pour les seniors : qui est concerné ?

Chaque année, la taxe foncière frappe de nombreux propriétaires, mais une poignée de seniors parvient à s’en affranchir grâce à des dispositifs inscrits dans le code général des impôts. L’âge, un handicap, des revenus limités : plusieurs situations ouvrent une porte à cette exonération, mais elle vise uniquement la résidence principale. Pour les autres logements, inutile d’espérer ce coup de pouce. Souvent, l’administration fiscale ne vous avertit pas spontanément : mieux vaut donc garder un œil attentif à sa situation.

Cette exonération n’est pas offerte à tous. Il faut cocher des cases bien précises. Pour les personnes âgées d’au moins 75 ans au 1er janvier de l’année d’imposition, propriétaires de leur logement, la possibilité existe, sous réserve de ressources en dessous des seuils réglementaires. Dans d’autres cas, certaines allocations ouvrent ce droit :

  • Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA),
  • Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI),
  • Allocation aux adultes handicapés (AAH).

Un détail à noter : un résident d’EHPAD qui garde la propriété de son ancien logement bénéficie encore de l’exonération, à condition que le bien soit laissé vide. Parallèlement à l’exonération, on retrouve le dégrèvement, une réduction partielle, pour ceux dont les revenus dépassent légèrement le seuil. La composition du foyer, le nombre de parts fiscales ou la façon d’occuper le logement influent sur l’issue. Et chaque année, il peut être nécessaire de fournir de nouveaux justificatifs pour renouveler ce droit à exonération ou dégrèvement sur la taxe foncière si vous percevez l’une de ces allocations.

Quels sont les critères à remplir pour bénéficier d’une exonération ?

Accéder à l’exonération de taxe foncière suppose de répondre à plusieurs conditions incontournables. D’abord, le logement doit constituer votre résidence principale au 1er janvier. Impossible donc d’inclure une résidence secondaire ou un investissement locatif dans cette demande.

Ensuite, le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer ne doit pas dépasser un plafond révisé chaque année, consultable sur l’avis d’imposition. Si celui-ci est respecté, le droit à exonération est envisageable. Dépasser de peu ce plafond peut néanmoins ouvrir à un dégrèvement partiel.

En résumé, les principaux critères sont :

  • Habiter le logement au titre de résidence principale,
  • Respecter le plafond du revenu fiscal de référence,
  • Remplir l’une de ces conditions : avoir 75 ans ou plus, percevoir l’Allocation aux adultes handicapés ou l’Allocation de solidarité aux personnes âgées.

Déclarer la résidence principale doit se faire avec rigueur. Tout changement en cours d’année doit être signalé sans délai, puisqu’on prend en compte la situation au 1er janvier. Par ailleurs, chaque collectivité peut imposer des règles supplémentaires ou restreindre certains dispositifs, d’où l’intérêt de contrôler soigneusement son avis de taxe foncière dès réception.

Les étapes clés pour faire votre demande simplement

Pour déposer une demande d’exonération de taxe foncière, le dossier doit être préparé avec soin. Il faut impérativement réunir une copie de l’avis d’impôt sur le revenu pour justifier de son revenu fiscal de référence ainsi qu’un document attestant que le logement est votre résidence principale. Si vous percevez une AAH ou l’ASPA, la notification de versement de cette prestation doit accompagner votre demande.

La procédure peut s’effectuer en ligne via l’espace personnel du site officiel des impôts ou par courrier papier adressé au service gestionnaire compétent. Dans le formulaire ou la lettre, indiquez bien l’adresse du bien concerné, votre numéro fiscal, l’année sur laquelle porte la demande et le motif réel (âge, situation de handicap, allocation).

Pour ne rien oublier, plusieurs réflexes sont recommandés :

  • Vérifiez minutieusement chaque information figurant sur votre avis de taxe foncière.
  • Conservez systématiquement une copie complète de tous les documents transmis.
  • Soyez attentif à la réponse administrative : elle arrive généralement dans un délai de deux à trois mois.

Il arrive que le service fiscal réclame des documents complémentaires ou des clarifications. Pour gagner du temps, fournissez des justificatifs récents et bien classés. Si votre situation se modifie en cours d’année (déménagement, fin de perception d’une allocation, etc.), prévenez immédiatement l’administration via votre espace en ligne sécurisé.

Homme âgé remettant un formulaire d

Modèles de lettres pour demander une exonération de taxe foncière

Formuler une demande d’exonération de taxe foncière implique de rédiger un courrier argumenté et d’y joindre les justificatifs adéquats. Pour ceux qui craignent d’oublier une mention clé, s’appuyer sur un modèle peut faire gagner du temps et rassurer.

Modèle pour une exonération liée à l’âge ou à une allocation

  • Objet : Demande d’exonération ou de dégrèvement de taxe foncière
  • Destinataire : Service des impôts des particuliers du lieu de situation du bien

Madame, Monsieur, Je sollicite le bénéfice d’une exonération de taxe foncière pour l’année en cours, concernant le logement situé à [adresse complète], dont je suis propriétaire-occupant. Je réponds aux conditions de ressources fixées par la réglementation et perçois [précisez l’allocation : adultes handicapés, solidarité aux personnes âgées, etc.]. Vous trouverez ci-joint mon avis d’impôt sur le revenu ainsi que l’attestation de perception de cette allocation. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. [Signature]

Modèle pour un dégrèvement temporaire

Il existe également des situations où le recours au dégrèvement temporaire se justifie, en particulier pour un logement resté vacant à cause de travaux conséquents. Indiquez spécifiquement la nature des travaux, la période pendant laquelle le logement a été inoccupé et joignez les justificatifs (factures, attestations de chantier, déclaration préalable en mairie).

Personnaliser son courrier est vivement conseillé. Précisez les références cadastrales, l’année pour laquelle vous sollicitez la mesure, et relisez chaque pièce jointe pour éviter toute erreur. L’administration vérifie que le dossier est cohérent et documenté, que la demande concerne la taxe foncière ou d’autres impôts locaux.

Dans ce labyrinthe de démarches, un dossier complet et une lettre limpide font souvent la différence entre une réponse favorable et une impasse sèche. Saisir sa chance, c’est s’offrir la possibilité de voir disparaître une charge qui semblait inévitable.

D'autres actualités sur le site